Vue du ciel de Bayonne 1939...   Cliquez ....

       Une année de tempête.

    Depuis la fin de l'été 1942, l'équipe de Bayonne poursuit son travail de guide local et d'hébergeur. En cet automne 1942, soudainement le ciel s'assombrit rappelant à tous les dangers de l'action clandestine qu'ils ont entreprise. Le 20 novembre du Limbourg à Bruxelles, plus de 100 personnes sont appréhendées. La déferlante des arrestations s'arrête aux portes de la Cantine Suédoise. Ce résultat est dû au travail d'infiltration de deux agents allemands prétendument pilotes alliés.

    Après le départ pour Paris de Paul, le père de Dédé brûlé sur la Belgique, puis l'arrestation de l'équipe qui lui avait succédé, Jean Greindl directeur de la Cantine Suédoise a proposé de prendre le relais. Par un astucieux système de maillage, il quadrille tous les secteurs susceptibles de recevoir des "enfants" et assure via Paris leur transfert vers le Sud.


Bayonne la Gare
arrivée des "Enfants"

Blockhaus de la gare de
Bayonne.
   A ses côtés une équipe de jeunes, enthousiastes, indéfectiblement dévoués à ce chef exceptionnel. Ils assument différentes fonctions, guides, sur le trajet Bruxelles Paris, agents de liaison, hébergeurs comme la jeune Elsie, qui doit son parfait anglais à son ascendance maternelle. Elle est chargée des interrogatoires préliminaires des nouveaux arrivants. Ils se font en dehors de la Cantine Suédoise dans l'église du square du frère Orban. Après un subtil interrogatoire, Elsie s'assure de l'authenticité anglaise de ses interlocuteurs. Mais la médiocrité et la lenteur des communications de l'époque créent un imbroglio fatal. Devant l'absence d'Elsie au rendez-vous du square, le guide venu de Namur avec ses hommes, les confie au seul agent intermédiaire qu'il connaît à Bruxelles. Lequel ne voit d'autres solutions que d'amener chez Elsie, les faux "enfants" qui n'auront de cesse qu'is n'aient arrété toute la famille.

        Ainsi commence le drame de la Cantine Suédoise.

Pont St Esprit
sur l'Adour.
Signalisation...
    En fait la Cantine suédoise n'est pas inconnue des Allemands. Cette antenne de la Croix-Rouge Suédoise est présidée par une dame de cette nationalité qui s'honore de l'amitié du général von Falkenhausen gouverneur allemand de la Belgique. L'enseigne est apparemment une œuvre caritative en faveur des enfants nécessiteux et mal nourris.

    Nul ne sait encore que derrière ces apparences anodines se cache l'arbre moteur de Comète, c'est là que tout converge, de là tout repart vers le sud.

    Pour l'instant l'occupant n'a pas décelé ce double visage. Mais pour combien de temps? Telle est la question posée notamment à Bayonne où l'on s'apprête à recevoir une arrivée.
    Annoncée pour le 20 décembre, un mois après les arrestations de Bruxelles. Elle comprendra trois aviateurs, deux autres passeront le 23. Le quota se limite à quatre fugitifs qui garantissent une sécurité quant à l'encadrement de ces hommes. Il peut à aller en deçà, mais au delà, il est fragmenté en deux passages ce qui est le cas pour ce groupe.

    Le 20 décembre en gare de Bayonne, Tante Go, Jeannine, Be, sont venus par le tramway depuis la villa "Voisin". Jean et sa fille Lulu ont franchi le Pont Saint-Esprit pour les rejoindre. Vers 10h 30 le train de Paris entre en gare. Dédée ou Franco, parfois les deux surgissent suivis à quelques pas par des hommes, à la démarche incertaine au visage gris de fatigue. Jeannine et Lulu se faufilent à leur niveau, passent un bras sous le leur dans un geste d'accueil amical, et les guident vers la sortie au milieu de ces voyageurs en partance parmi lesquels, dans cette gare d'une importance stratégique, se sont intégrés des observateurs de la police allemande.

    Be Johnson, les attend sur le trottoir et dans un anglais concis les informe des dangers de la traversée du Pont Saint Esprit. Ce pont est la voie de liaison essentielle entre les deux rives de l'Adour qui traverse Bayonne. Il est constamment balayé par le flux ascendant et descendant, des soldats allemands encasernés dans la Citadelle qui domine Bayonne et son accès ferroviaire. Les "enfants" sont souvent nettement plus grands que les habitants de l'époque. Malgré le béret qu'ils portent, leurs visages dément leur appartenance à la population locale. Il est recommandé de s'incliner le plus possible dans un geste de feinte galanterie sur leurs accompagnatrices, au demeurant jeunes et charmantes gage de crédibilité. Jean marche en tête, trace le passage, jouant sur le respect, que suscite chez ces hommes élevés dans le culte de la valeur guerrière, cette haute silhouette au bras amputé, à la boutonnière rosie par la Légion d'Honneur. Quant à Be, il ferme la marche et observe les arrières. Le pont franchi sans encombre, le groupe empruntera la rive gauche de l'Adour, traversera en direction d'un square, puis longera les fortifications jusqu'au restaurant Gachy. Cest là que les "enfants" se remettront de la fatigue du voyage en prévision des huit heures de traversée nocturne de la montagne, qui auront lieu la nuit même si le temps le permet. Le restaurant Gachy du nom de son propriétaire René, est situé en face de la deuxième grande caserne bayonnaise "le Château neuf".

    Les soldats allemands n'ont que la place à traverser pour se détendre dans cet établissement. D'où un danger de promiscuité qu'il faut limiter au maximum. Il est convenu que les "enfants" déjeuneront à 11 heures avant l'afflux de midi qui perdure jusqu'à 14 heures, les fugitifs ne seront pas cantonnés dans une salle annexe. Cet apartheid inhabituel risquerait de susciter des curiosités soupçonneuses. Ils se mélangeront donc à clientèle habituelle. C'est un coup de bluff raisonné partant du principe que les Allemands, imbus de leur infaillibilité policière, ne sauraient imaginer que des ennemis consomment parmi eux.

    René Gachy, engagé en 1914 à l'âge de 16 ans, croix de guerre à 17 ans, a gardé ce même courage tranquille face au danger.

   Quant au groupe d'accompagnateurs il se répartira stratégiquement, de manière à éviter tout contact des occupants avec les fugitifs tant sur la banquette qui longe les tables ainsi que sur les chaises en vis-à-vis. Midi n'a pas encore sonné à l'église de Saint André quand les "enfants" se retrouvent sur le trottoir. Et ils se séparent en deux groupes, l'un sera amené par Tante Go chez les Lapeyre, l'autre gagnera la maison de Jean. Pour y accéder il faut grimper une côte, qui longe un terrain de manoeuvres militaires gardées par trois sentinelles dans leurs guérites; la difficulté réside dans le fait de passer sans trop attirer l'attention. Il est préférable de fragmenter le groupe, Jean, Lulu, et l'un des aviateurs, passeront normalement devant ces observateurs inquiétants. Au bas de la côte Jeannine et son protégé emprunteront une voie de doublement et surgiront en face à quelques encablures du portail de Jean, ayant ainsi évité au maximum le regard des sentinelles.

    Les hommes épuisés se reposeront jusqu'à 17 heures. Ils prennent un confortable thé. Dédée et Jeannine surgissent, Lulu se joint à elles, c'est l'heure du retour à la gare. Le groupe s'y rend à intervalles séparés, la nuit qui tombe tôt facilite la traversée du Pont Saint-Esprit. Les "enfants" surgissent dans le hall de la gare , retrouvent Tante go qui a ramené leur camarade depuis chez les Lapeyre. La porte de contrôle est surveillée par un inspecteur de police, camarade de Jean, qui feint d'examiner consciencieusement ces faux papiers, fait un signe d'assentiment en direction de ses collègues allemands qui font confiance. Les fugitifs montent dans le train qui les mènera à Saint Jean de Luz avec Dédée qui au côté de Florentino, les guidera jusqu'à Saint Sébastien; souvent Tante Go responsable du bon fonctionnement du passage les accompagne jusqu'à Urrugne. Les aviateurs montent dans le train, en silence sans aucune manifestation d'amitié, seul un regard de connivence et l'ombre d'un sourire font état de cette précieuse complicité.

    Lulu regagne sa maison, elle rencontre Jean en chemin retenu par ses obligations professionnelles. Dans la nuit parcimonieusement éclairée black-out oblige-ils repassent cette fois-ci en citoyens disciplinés devant les mêmes sentinelles. Le crissement des feuilles mortes accompagne la marche de ceux qui regagnent leurs maisons mal chauffées. Jean et Lulu retrouvent la leur parfaitement en ordre sans aucun indice témoignant de cet après-midi exceptionnel. Cependant dans cette maison où personne ne fume, règne une diffuse odeur de tabac blond qui flotte comme un message d'espoir venu d'un monde qui fut le leur... Après un sommaire dîner de restriction, l'oreille collée au poste de radio, ils renoueront avec ce monde, malgré le brouillage intensif de cette émission qui semble venir d'une galaxie lointaine.

        " Ici Londres, les Français parlent aux Français "

     15 Janvier 1943, le drame...

    Le 14 Janvier 1943 en gare de Bayonne l'équipe locale attend l'arrivée d'un nouveau convoi. L'ambiance est tendue, tous les regards se portent sur le suspense de la Cantine Suedoise qui conserve son activité, malgré l'étau qui se resserre.
    Depuis trois jours un temps exécrable entretient la morosité ambiante, une violente tempête pousse sans répit des trombes d'eau sur les malheureux passants rendant problématique le passage en montagne. Le train Paris Hendaye entre en gare. Dédée et Franco surgissent encadrant un monsieur aux cheveux argentés dont les lunettes cerclées ne dissimulent pas le regard d'une bienveillante intelligence. C'est Frédéric de Jongh, Paul dans la résistance, le père de Dédée dont la tête mise à prix à un million et demi de francs belge depuis plus d'un an l'a contraint à quitter Bruxelles pour gagner Paris dont il dirigeait la plate-forme. La traque allemande le menace à nouveau le contraignant à gagner Londres. Il est accompagné de trois pilotes.


Mrs et Mme René Gachy

Bayonne  Restaurant
Le "Gachy"

La villa Chagrin
"Prison"

Bayonne...L'armée allemande

    Après le repas, devant le restaurant Gachy le groupe se sépare. Sous la conduite de Dédée et de Tante Go, un Américain et un Anglais se rendent chez les Lapeyre. Paul ainsi que l'autre aviateur américain gagnent la maison de Jean.

    Vers 5h 30 la porte de la cuisine s'ouvre et Dédée vient informer son père que vu les intempéries persistantes la prudence veut qu'il renonce à son passage cette nuit. Il ne sera différé que d'une semaine. En effet attend à Paris un nouveau groupe, Franco reparti le jour même le conduira. Après quelques réticences Paul accepte de rester en attente chez Jean mais insiste pour accompagner sa fille jusqu'au train. Avec Jean libéré de son service ce jour-là, il regagne la gare, ainsi que l'aviateur. Il est rejoint par ses deux camarades que Tante Go est allée chercher chez les Lapeyre, Tante Go monte dans le train avec le groupe. Paul et Dédée ne savent pas que c'est la dernière fois qu'ils se voient et s'étreignent .


Bidegain Berri
face Nord

       L 'arrestation à Bidegain Berri

    Franchia Usandizaga, la fermière attend ses visiteurs du soir. Ils arrivent trempés par la tornade. Ils sont accompagnés de Maritxu et San Vicente qui les attendaient en gare de Saint Jean de Luz. En chemin ils ont rencontré Florentino, qui après un examen de la trajectoire de la pluie a énoncé son verdict : cette nuit la traversée est impossible mais le temps s'améliorera demain, il faut différer le passage de 24 heures. La durée inhabituelle du séjour à la ferme impliquée par ce changement, inquiète Franchia. Pourtant une veillée dans la cuisine s'organise autour du feu, avec Dédée, Florentino et les trois aviateurs. Bientôt se joint à eux un voisin qui fut un passeur de Comète et auquel Florentino a succédé.


Bidegain Berri - face Est

Franchia
Usandizaga

    Le lendemain 15 Janvier 1943 la tempête a cessé. Mayi, la fille aînée de Franchia est partie à l'école. Dans la matinée le secrétaire de la mairie de Urrugne vient la chercher et la ramène à la ferme. Elle la trouve dans un désordre indescriptible, vidée de tous ses occupants hormis les deux petits. La police allemande est passée par là; après une perquisition en règle elle a amené tout le monde menotté. Que s'est-il donc passé ? Très certainement une dénonciation. Venant de quelqu'un au courant de l'activité clandestine de cette ferme isolée et surtout du changement de programme inopiné allongeant de 24 heures le séjour à Bidegain Berri des fugitifs.

       Le bilan de cette délation

    Franchia le corps brisé par les bottes SS mourra au camp de Ravensbruck huit jours avant la libération... Juan larburu son ouvrier agricole disparaîtra dans le four crématoire de Buchenwald...

    Les trois petits enfants déjà orphelins de leur père, malgré les soins attentifs de leur tante, ne connaîtront plus la douceur d'une mère.... L'onde de choc de l'arrestation de Urrugne atteindra Bayonne et engendrera le drame de toute une famille.

Blockhaus "La Barre"

Blockhaus "Anglet"
"Paul et DéDé" De Jongh

    Après leur arrestation les prisonniers seront conduits brièvement à Saint Jean de Luz sous les yeux de la population atterrée. Puis en fin de journée ils seront transférés dans la prison de la caserne de Château neuf à Bayonne qui ignore tout du drame d'Urrugne. Ce n'est que le 16 janvier au matin, qu'un collègue de St Jean de Luz informe Jean de la tragédie. Soit 24 heures après l'événement.

    Lorsque Lulu rentre à midi du collège, pour la première fois dans sa vie d'adolescente elle est confrontée à un terrible drame humain, la douleur d'un père prêt à tout pour sauver sa fille. Paul envisage, en échange de la libération de Dédée de se livrer aux Allemands. Jean parvient à l'en dissuader.

      Une cellule de crise s'installe au restaurant Gachy

    Un seul objectif, la libération de Dédée avant son transfert prévisible sur un autre lieu d'instruction. C'est dans le restaurant que se construisent les projets d'évasion et que se concertent les hommes susceptibles de les réaliser.    Certains de ces scénarios paraissent aujourd'hui relever de l'utopie. Mais l'exceptionnelle époque de l'occupation a révélé chez beaucoup un coté aventureux, où le "Pas vu pas pris pas coupable" fait bon ménage avec une légalité largement mise à mal par les exactions de l'occupant. Certaines choses aisément concevables à cette époque ne le seraient plus aujourd'hui. Toutes les tentatives tourneront court. Dèdée restera prisonnière.

    Par l'intermédiaire de Mme de Berthier visiteuse de la Croix-Rouge, un contact est établi avec Petit Cyclone. Ainsi peut-elle informer le groupe de l'avancée du dossier. Dédée sans rien réveler, joue serré au cours d'interrogatoires répétés. L'aviateur anglais oppose un flegme imperturbable face aux interrogatoires musclés qu'il subit. Les plus vulnérables sont les deux Américains que les Allemands promènent dans les rues, dans l'espoir de les voir reconnaître les lieux d'hébergement.

    Dédée, est transférée à Bordeaux devant une instance policière de plus haut niveau, mais elle ne dira rien de plus qu'à Bayonne, la détention de Dédée au fort du Ha s'étendra sur le mois de février qui recèlera quelques dates décisives.   


Blockaus
"Anglet"
Némo
Baron J. Greindl
"Nemo"

Marthe
Mendihara

    Le 3 février les Russes reprennent Stalingrad. La capitulation de Paulus dans cette ville en ruines, marque, malgré des sursauts défensifs redoutables, le début d'une marche à reculons qui reconduira inexorablement l'armée d'Hitler jusqu'à Berlin. Après le débarquement américain de novembre 1942 un nouveau brûlot d'espoir s'est allumé.     
    Mais le 6 février le destin frappe à nouveau Comète. Nemo et son équipe de la Cantine Suédoise sont arrêtés. Le 20 octobre de la même année ils seront tous fusillés à l'exception de Nemo, en instance d'exécution dans la caserne d'Etterbeek. Nemo périra dans le bombardement allié de cette prison est-ce la mort de Comète ? certainement pas quand on connaît l'engagement irrévocable de ses membres. Du nord au sud comète remet en question sa logistique.

    Déjà un nouveau chef se révèle, le comte Jean d'Ursel, Jacques Cartier, dans le réseau de renseignements dont il fait partie. Puissant organisateur il redonne à Comète dès le printemps sa pleine efficacité.
    A Paris, Paul malgré son chagrin a repris son travail. La gare d'Austerlitz est désormais jugée trop dangereuse, c'est la gare Montparnasse qui prend le relais. Elle nécessite un trajet de 14 heures pour amener via Nantes les aviateurs jusqu'à Bordeaux.

    A Bordeaux Franco venus du Pays Basque prend en charge les "enfants" et les conduit par un train départemental jusqu'à Dax.

    A Dax s'arrête le transport ferroviaire. Il sera relayé par un trajet en vélo de plus de 50 kms jusqu'à l'agglomération bayonnaise dont la gare de desserte jugée trop dangereuse est supprimée.

    Le va-et-vient des vélos sera assuré par la résistance SNCF, leur entretien sera confié à Henri Claverie dans son atelier bayonnais.

    A Bayonne Anglet l'accueil et l'hébergement des "enfants" sont transférés sur l'espace de Sutar déjà sous la responsabilité de M. et Mme Elhorga. Ils ont découvert l'étonnante Marthe Mendiara qui accueillera dans son auberge 150 aviateurs cyclistes qui arrivent le plus souvent épuisés par leur randonnée à vélo. Car si les jeunes Anglais amateurs de cyclotourisme traversent cette épreuve sans problème, il n'en est pas de même pour les Américains qui considèrent le vélo comme un jouet d'enfant dont ils ont perdu la pratique. Leur absence d'entraînement donnera lieu parfois à des intermèdes savoureux.

    A Ciboure Urrugne les passages sont suspendus. Florentino se met en retrait. Mais ce n'est qu'une mesure de précaution provisoire. Urrugne reprendra son activité ultérieurement.                                              

    Depuis l'auberge de Marthe de nouveaux trajets sont inaugurés, le plus utilisé, Sutar, Ustaritz, Larressore, Espelette La traversée de la frontière se fera à Dancharia sous la conduite de nouveaux guides, Bidegain, Michel Etchevest, les frères Aguerre, Elissondo et Etchegoyen. Quant à Tante Go et sa fille Janine, trop présentes sur leur vélo, elles se feront oublier au profit de Denise Houget, la fille de ce résident belge qui a rendu de nombreux services à Cométe.                     

Soldat dans un tramway

    Les brèches colmatées Comète Pays Basque continue. Cependant le 16 février dans le train de St Jean Pied de Port, Yvonne Lapeyre, Tante Go et Be sont confrontés à une situation périlleuse. L'habileté et l'aplomb de Tante Go les tirent d'affaire. L'alerte a été chaude, le temps du retour de Be à Londres est arrivé.

    D'autant que le ciel de Comète Sud s'assombrit à nouveau... Dédée de retour de Bordeaux a réintégré une cellule de la prison de Biarritz et communique une nouvelle inquiétante, les "enfants " ont parlé.

    Désormais les familles Dassié et Lapeyre seront aux avant-postes du danger. Ils décident de rester, partant du principe que sous la pluie battante du 14 janvier les aviateurs n'ont pu définir exactement le trajet parcouru, que leur fuite risque de signer l'arrêt de mort de Dédée. Mais la mémoire photographique d'hommes entraînés à se repérer en altitude parmi les pires conditions météorologiques est infaillible.

 
Propagande pour le journal Parizer ZEITUNG

Grande plage...

Entrée grande plage
Militaire plage
Exercices de tirs...
Aux Arènes

Accès difficile...

       L'arrestation du 11 mars

    A cinq heures du matin la police allemande cerne la maison de Jean Dassié, investit les lieux procède à une perquisition dévastatrice sous la direction de l'officier de la Gestapo. Lequel accuse Jean sa femme et sa fille de complicité avec l'ennemi. Il procède à leur arrestation laissant désemparés, un garçonnet de sept ans et sa tante handicapée qui vit dans la maison. Les trois sont incarcérés à la villa chagrin et confrontés au pilote qui a parlé. Son teint de roux vire au brique face aux deux femmes qui l'observent. Il tente, maladroitement de les disculper en ne reconnaissant que la présence de Jean. Derrière ses lunettes sans monture le regard sardonique de l'interrogateur en dit long sur son scepticisme et son intense jubilation. Lulu comprend que la cause est déjà entendue.

    Et que ni elle, ni ses parents n'ont plus de prise sur un destin qui leur échappe. Mais il n'en sera pas de même pour les Lapeyre susceptibles de la même arrestation à la même heure. Le hasard brouillera les cartes. Les Allemands se trompent d'étage. Les Lapeyre mettent cette bévue à profit, pour franchir en compagnie de Be des le lendemain soir, la Bidassoa avec Florentino. Ils continueront leur action à Londres .

         1943... la fuga de los esposos Lapeyre

Epoux Lapeyre
Epoux Lapeyre
    Le printemps 43 bénéficie d'une accalmie et les passages reprennent à leur rythme habituel. Mais le 7 juin le destin frappe à nouveau Comète. A Paris, Paul et deux de ses adjoints sont arrêtés, ils seront ultérieurement fusillés au Mont Valérien. A Bruxelles 48 heures plus tard la structure est anéantie, seul en réchappe Antoine d'Ursel contraint de se fondre dans la clandestinité. Ce tragique doublé est dù au travail d'infiltration d'un redoutable agent ennemi Jacques Desoubries de la Gestapo de Lille, alias Jean Masson, Jacques Verger, Pierre Boulain, reconnu responsable au moment de son exécution, de 1500 arrestations.

       Bruxelles-des équipes nouvelles se mettent en place
   
    Anglet depuis sa base sud, Franco prend la direction de Comète. Conscient des nouvelles charges qui pèsent sur ses jeunes épaules, Londres envoie à Gibraltar de hauts responsables du M.I. Franco les y rejoint clandestinement dans le coffre d'une voiture. Les Anglais lui proposent l'aide d'un jeune Belge qui a rejoint Londres dès 1942, formé par leurs soins à la pratique de la radio et de l'activité clandestine, le comte Jacques le Grelle. Franco, soucieux de l'indépendance de Comète est hostile à cette suggéstion, pourtant il revient en France en compagnie de cet adjoint.

    D'emblée une relation tendue s'installe entre les deux hommes. Au long des épreuves communes naîtra une chaleureuse et confiante amitié qui perdurera au-delà de la guerre Jérôme sera le nom clandestin de Jacques le Grelle, il assumera la gestion de Paris dans une parfaite coordination avec Franco qui régulera le fonctionnement de la ligne depuis le Pays Basque où il s'est basé.

    Pour l'aider dans ses passages frontaliers il a ramené de Paris un partenaire précieux Max Roger, impérieux, combatif, il a été l'ami du regretté Charlie Morelle déporté. Cette nouvelle recrue logera à Anglet et deviendra un familier de la villa Voisin. Son arrivée sera concomitante avec celle de Jules Mendiburu, le fils de Mme Mendiburu toujours présente dans le groupe amical qui assiste Tante Go. Il intègre le service de Fernand de Greef au sein duquel il assurera une indispensable permanence téléphonique tout en s'initiant à la confection de faux papiers.

Franco et
J. Le Grelle

Mrs Mendiburn à droite
et De greef au fond.

Le père Joseba Andoni Urresti
   Sutar assume toujours ses nouvelles fonctions de réception et de coordination des passages. Le couple Elhorga s'est assuré outre la collaboration de Marthe Mendiara, le concours de la brigade de gendarmerie de St Pierre d'Irube qui veille sur l'anonymat de ces précieux cyclistes.

Ce fut l'auberge de Sutar ...
   Tante Go a trouvé un collaborateur dans le père Urresti. Ce prêtre Basque qui a fui le régime franquiste vit à Anglet. Son sacerdoce lui vaut l'avantage d'avoir un laissez-passer de nuit qui lui permet de faire en toute impunité des liaisons pour Comète. En outre il dissimule des fugitifs dans son église tout en débusquant les agents provocateurs. Son activité devient suspecte aux yeux des Allemands. Tante go et Fernand de Greef inquiets du danger qui le menace le convainquent de gagner Londres. Gravement malade il reviendra en 1945, reverra tous ses amis mais mourra sur Côte d'Azur dans un sanatorium.

Rommel...
Etat major...


Blockhaus "Anglet"
Exercice militaire...  


Von Rundstet

militaires
   L'état-major allemand est conscient de l'éventualité de l'ouverture d'un deuxième front sur les côtes françaises. Il a construit depuis la Norvège jusqu'à la côte Basque le gigantesque mur de l'Atlantique. Le maréchal Rommel, le général Von Rundstet arpentent le littoral à la recherche de possibilités défensives dans les moindres détails. Jusqu'aux bouches d'égouts où surgissent au cours d'exercices, des têtes casquées. C'est un spectacle surréaliste qui provoque la discrète hilarité de la population qui déplore la mise en coupe réglée de ses plages : blockhaus, chevaux de frises, espace de tir.

   Depuis l' intervention du sinistre Jean Masson Jacques Cartier est rentré en clandestinité, il décide de créer un réseau d'évasion pour tous les compatriotes résistants qui connaissent comme lui cette précarité. Le 20 octobre 43 il a une entrevue avec Michael Creswell à Saint Sébastien. Il accepte son projet, pense qu'il est nécessaire de le faire avaliser par ses soins à Londres. La traversée de la Bidassoa est fixée aux 23 Décembre.


Stèle sur la rive de la Bidassoa à St Miguel
"Antoine d'Ursel"

    Le 23 décembre au soir dans la maison de Kattalin à Ciboure, 10 hommes en partance sont réunis. Quatre aviateurs américains.

    L'héroïque Robert Grimes, grièvement blessé, soigné dans la clandestinité pendant des semaines et rétabli, ainsi que ses compagons Kenneth Stanford, Arthur Hornine, John Burch.

   Jacques Cartier, Daniel Mouton membres du Réseau Comète venus reconnaître le parcours en tant que futur chef de Comète bis. Plus un résistant qui, mission accomplie, regagne sa base espagnole. A ce groupe s'ajoute Franco et les deux guides qui remplacent Florentino terrassé par une forte grippe.

    Passer avec un tel nombre, c'est un risque que Florentino n' aurait pas pris car en contradiction totale avec son souci de silence et de clandestinité. L'aventure tourne au drame. Le franchissement de la Bidassoa tumultueuse attire l'attention des policiers espagnols qui tirent sur le groupe. Dans la nuit et l'affolement, deux hommes, Jacques Cartier et le lieutenant américain Bursh disparaissent dans les flots.


Bernardo Aracama


Gendarme Marcel Vigier


Gendarme Gérard Vidal

    Au, matin du 24 décembre, leurs corps retenus par les roseaux sur la rive sont retrouvés. Les Allemands les remontent sur le parvis de l'église de Biriatou en surplomb de la rivière. Ils les laisseront, exposés, à titre d'avertissement durant toute la journée et la nuit suivante. Au matin du 25 décembre les corps seront recouverts des fleurs que, malgré le couvre-feu, les habitants du coin ont apportées en un dernier hommage. Les Allemands furieux amènent les dépouilles. Nul ne sait depuis ce moment-là ce qu'ils en ont fait. Où sont ils ?

    D'Anglet à St Sébastien la funeste nouvelle assombrit Comète Sud. L'ami Bernardo Arracama n'est plus là pour partager leur tristesse. Il est incarcéré depuis des mois par la police franquiste sous un obscur prétexte de contrebande En réalité en corrélation avec l'incident d'ElizondoBernardo Arracama s'est retrouvé impliqué, aux côtés d'un groupe Comète qui testait un nouveau passage.

    L'année 1943 se termine comme elle fut vécue, dans le drame. Les frappes du destin n'ont cessé de jalonner son parcours. Les noyés de la Bidassoa ont rejoint dans la mort les neuf fusillés de la Cantine Suédoise qui les ont précédés le 20 octobre. La cohorte des arrestations en série s'est terminée dans la nuit concentrationnaire. Comète est triste mais pourtant sereine. Car malgré les embûches 167 aviareurs ont franchi la Bidassoa. C'est un chiffre que la ligne dédie ce soir de Noël à Petit cyclone. Présente ou absente elle reste la flamme qui éclaire leur action.


Stalingrad...

Adolf Hitler et Franco "Caudillo"...

Stalingrad "bataille"

Blockhaus "Anglet"

Usine Electrique


Maréchal Pétain...

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